Carrière

Les premières années et l’entrée dans l’industrie

Simona Valli naît le 23 avril 1975 à Rome, en Italie. Elle grandit dans une famille modeste du quartier de Tor Bella Monaca. Très jeune, elle montre un intérêt prononcé pour le cinéma et le spectacle. Après le lycée, elle travaille brièvement comme réceptionniste dans un hôtel puis comme vendeuse dans un magasin de vêtements. C’est lors d’un casting pour un calendrier érotique qu’elle est repérée par un agent. En 1996, à 21 ans, elle fait ses premiers pas dans la pornographie avec une scène pour la société Mario Salieri. Son physique naturel – cheveux bruns, yeux clairs, silhouette menue – la distingue rapidement des actrices plus standardisées de l’époque.

L’ascension dans le cinéma pour adultes italien

Entre 1996 et 1998, Simona Valli tourne une quinzaine de films, principalement en Italie. Elle travaille avec des réalisateurs comme Joe D’Amato et Luca Damiano. Sa façon de jouer, à la fois spontanée et intense, lui vaut une reconnaissance immédiate. Contrairement à beaucoup de ses collègues, elle choisit de rester fidèle au marché italien plutôt que de tenter une carrière aux États-Unis. Dans une interview, elle explique que l’atmosphère des plateaux italiens, plus familiale et moins formatée, lui convenait mieux. Cette période est marquée par des tournages à Rome, Naples et Milan, où elle alterne scènes hétérosexuelles et lesbiennes.

La consécration et la reconnaissance internationale

En 1999, Simona Valli est nommée aux Hot d’Or (l’équivalent des Oscars du porno) dans la catégorie « meilleure actrice européenne ». Bien qu’elle ne remporte pas le prix, cette nomination élargit sa notoriété au-delà des frontières. Elle commence à recevoir des propositions de tournage en France, en Allemagne et en Espagne. Elle accepte quelques productions françaises, notamment pour les studios Marc Dorcel et Vidéo Marc. Elle se souvient que le public français appréciait particulièrement son jeu naturel et son absence de vulgarité dans la mise en scène. Cette ouverture internationale ne l’éloigne jamais vraiment de l’Italie : elle continue de vivre à Rome et de tourner régulièrement pour les producteurs locaux.

Le passage à la réalisation et la diversification

Au début des années 2000, Simona Valli ressent le besoin d’explorer l’autre côté de la caméra. En 2003, elle réalise son premier court-métrage, Piazza Navona, un film érotique tourné en extérieur dans le centre historique de Rome. L’expérience la passionne. Elle dirige ensuite une série de scènes pour la société italienne VideoRama. Ce virage n’est pas uniquement artistique : elle confie qu’elle voulait mieux contrôler les conditions de travail des actrices et promouvoir un érotisme plus doux, loin des excès du hard-core. Parallèlement, elle lance un petit site personnel où elle vend des tirages photo et des vidéos amateur, gérant elle-même la production et la distribution.

Les années 2010 et le tournant vers une vie plus privée

Après avoir tourné dans plus de quatre-vingts films entre 1996 et 2010, Simona Valli ralentit progressivement sa carrière. Elle se retire de la pornographie traditionnelle en 2012, mais continue à apparaître dans des productions érotiques soft ou des live shows via webcam. Elle ouvre une petite boutique en ligne de lingerie et d’accessoires, utilisant son nom comme marque. Dans plusieurs entretiens, elle évoque son désir de se consacrer à sa vie personnelle – elle s’est mariée civilement en 2014 avec un homme extérieur au milieu – et de voyager. Elle cite souvent ses destinations préférées : le sud de l’Espagne, le Maroc et le Japon, où elle s’est rendue pour des tournages ponctuels.

L’héritage et la perception actuelle

Aujourd’hui, Simona Valli est considérée comme une figure emblématique du porno italien des années 1990-2000. Elle reste active sur les réseaux sociaux (Instagram et Twitter), où elle partage des souvenirs de tournage, des photos d’époque et des réflexions sur l’évolution de l’industrie. Elle ne regrette pas son parcours, mais elle insiste sur la nécessité de mieux protéger les actrices débutantes. En 2022, elle participe à un documentaire italien sur l’âge d’or du cinéma pornographique transalpin, où elle revient sur les dix-sept années de sa carrière. Elle y déclare : « Je n’ai jamais fait ce métier pour l’argent. Ce qui comptait, c’était la liberté d’exprimer une forme de sensualité sans honte. »